La cosméto bio en mode industriel | Le commerce équitable

La cosméto bio en mode industriel

Cette semaine c’est le Nouvel Observateur qui décrypte pour ses lecteurs la cosmétologie bio.

« Une crème ou un fond de teint bio… Il y a quelques années, ces produits auraient déprimé les précieuses. Aujourd’hui, ils séduisent tout le monde! Et se vendent partout: les magasins naturels, les pharmacies, les parfumeries (Douglas, Marionnaud, Sephora, Nocibé), la grande distribution (Monoprix, Carrefour, Leclerc, Auchan). Il est donc urgent d’apprendre à ne plus confondre «bio» et produit «naturel». Car cette cosméto-là a entamé un tournant important de son développement, où la consommatrice doit tout savoir des composants de la crème qu’elle applique sur sa peau; où les marques doivent aussi afficher un peu plus de sens éthique. La vague verte va-t-elle emporter les luxueux produits de beauté des Françaises? Pas sûr du tout. Mais elle progresse.
Si le secteur bio est encore modeste (2,5% de la cosmétique globale, soit 250 millions d`euros de chiffre d’affaires en 2007), sa croissance fascine l’industrie. Chaque année, ce sont 3000 à 4000 nouveaux produits certifiés qui déferlent en rayon. A ce rythme, le bio devrait atteindre, selon Opremys (1), 10% du marché en 2010, soit une progression de 140% ! Du coup, toutes les marques investissent le terrain, rachetant ou prenant une participation dans des sociétés vertes (L’Oréal et Sanoflore, Clarins et Kibio, Yves Rocher et Terre d’Oc, L’Occitane et Melvita). Quand elles ne lancent pas carrément leur propre marque (Yves Saint Laurent et Stella McCartney) ou leur gamme (Culture Bio d’Yves Rocher, Pure Altitude des Fermes de Marie, Beauty Garden By Sothys, Les Soins Biologiques pour le Visage de L’Occitane, Ushuaïa Bio).
Surtout que, le débat sécuritaire mis de côté (après les parabènes, ces acides dont tout le monde veut se débarrasser, c`est l’atteinte à la biodiversité qui inquiète), toute la profession reconnaît la cosmétique bio comme une vraie tendance de fond, nourrie par le désir du consommateur de vivre sain dans un environne ment respectueux de la nature. Il n’y aura donc, a priori, pas de retour en arrière. Et certainement pas mal d améliorations.
Pendant longtemps on a reproché au bio de manquer de sensualité. Des parfums naturels trop marqués, désagréables au nez, des textures collantes, qui peinent à s’étaler ou peluchent sous les doigts… Mais, depuis cinq ans, les chimistes ont fait d’énormes progrès, proposant des crèmes avec des touchers différents et des parfums plus agréables (même s`il reste encore des réglages à faire). Et, dans les rayons bio, souvent aussi achalandés que ceux de la parfumerie classique, les produits sont classés par spécialités: l’argathérapie (soins à l’huile d’argan) avec Kaeline, le bio UHT avec Dermatherm, le bio thermal avec Gam’arde, le bio éthique avec Thémis ou So’Bio Etic, le bio et la cryothérapie avec Derm’Ice, le bio et les racines de plantes avec Vegeticals, le bio et les pierres précieuses avec Beo, etc. Il n’y a que le soin masculin qui soit encore peu investi… Faut-il préciser que le profil de la consommatrice bio a bien changé. «Deux clientes sur trois sont de nouvelles entrantes», se félicite Anne-Claire Lambersy, directrice marketing de Naturalia Beauté Bio, première enseigne spécialisée dans la cosmétique bio, avec plus de 1 400 références certifiées et des cabines de soin pour faire découvrir en «live» et à prix doux son offre.
Pourtant, le consommateur doute toujours plus du «vert» que de la chimie «grise». Ce qui devrait changer avec l’intervention des grands groupes cosmétiques dans le bio, où les budgets alloués à la recherche devraient augmenter. «On va enfin pouvoir objectiver l`efficacité des produits bio, ce qui n`était pas le cas jus qu’ici, explique Patricia Pineau, directrice de la recherche et de la communication de L’Oréal. Pour moi, le végétal est de loin supérieur à la chimie grise, par la complexité de ses molécules et le nombre illimité des réponses qu’il peut apporter. On peut, par exemple, avec une même plante régler un problème d’hydratation et de micro-circulation cutanée! Le vert nous ouvrira certainement des territoires inexplorés par la cosmétique.» De même, il a beaucoup influencé la cosmétique classique, qui ne sera plus jamais la même. Et si l’avenir, c’était un produit «hybride», mi-bio, mi-chimique? »

(1)Société spécialisée dans les études de marché.

Une réflexion au sujet de « La cosméto bio en mode industriel »

  1. Tant que l’utilisation du bio ne reste pas au niveau purement marketing, utilisé trop souvent par les producteurs pour vendre leurs produits. Si derreière tout ceci il y a une véritable prise de conscience et si ce n’est pas seulement pour améliorer les marges, déjà colossales, de ces multinationales, alors l’avenir sera sans doute meilleur !

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