Méfions nous !!!

Les dénominations éthique, équitable, durable ou autre bio, font vendre. D’où l’intérêt pour les producteurs et distributeurs d’utiliser ces appellations pour mieux vendre. Quitte à dépasser parfois la ligne jaune …
La mode, pour le moment, c’est l’écologisme, le biologique, l’équitable, bref, le vert. La preuve : promenez-vous dans un supermarché, un centre commercial ou sur une artère principale de votre ville et remarquez à quel point le vert, les motifs de fleurs ou de feuilles prédominent.

Même phénomène avec les publicités : on présente des produits en symbiose avec la nature, des gens heureux dans un paysage enchanteur, on peut faire des écolonomies en achetant une voiture à émission réduite certes, mais une voiture consommant tout de même de l’essence.

C’est ce qu’on appelle en anglais le greenwashing ou encore le blanchiment écologique. C’est un procédé de marketing par lequel on fausse l’opinion publique en offrant une image écologique responsable d’une compagnie qui, bien souvent, met plus d’argent dans le «verdissement» de son image que dans des projets environnementaux.

Que ce soit par des termes (émission faible, développement durable, environnement), des images (animaux en voie de disparition, forêt luxuriante), un changement de nom de la marque, tout est mis en branle pour promouvoir une image verte de l’entreprise : l’écologique est devenu un argument publicitaire, un moyen de faire vendre son produit à la population. Il faut évidemment se méfier, surtout lorsque la publicité provient de secteurs d’activités habitués à figurer en tête des palmarès de l’Inventaire national des rejets polluants ! En effet, une compagnie de pétrole reste et restera toujours une compagnie de pétrole. Et aux dernières nouvelles, ce n’était pas ce genre de compagnie qui offrait le plus de fonds pour les causes environnementales…

Il faut rester vigilant face aux messages publicitaires qui nous bombardent chaque jour que ce soit sur la route, à la radio, la télévision ou dans le journal; les compagnies sont prêtes à aller loin pour nous faire consommer de leurs produits. Attention, cependant, ce ne sont pas toutes les compagnies qui faussent leurs images, loin de là. Les compagnies réellement consciencieuses de l’environnement existent et ce sont souvent elles que l’on voit le moins souvent dans les publicités.

De plus, faire l’achat d’un produit 100 % équitable, biologique et écologique est plutôt ardu : qui dit vrai et qui dit faux ? Il faut tenir compte de plusieurs autres facteurs : les fruits biologiques par exemple, certains nous proviennent de payx éloignés et leur transport coute cher en énergie polluante, le bambou est à la mode pour remplacer les fibres synthétiques, mais entraîne la coupe de forêts entières et prive ainsi plusieurs animaux de leur habitat. À travers ce dédale d’informations et de désinformations, le choix est entre nos mains, nous, consommateurs. À nous de faire les choix qui nous semblent les plus éclairés, à nous de choisir de faire confiance à une compagnie plutôt qu’une autre, car il ne faut pas oublier que sans les consommateurs que nous sommes, que seraient ces compagnies? Si son public demande du «vert» et du vrai, elle n’aura pas vraiment autre choix que de suivre la vague ou de sombrer.

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