Equitable en Afrique

Afrique

Les perspectives de progression sont en effet gigantesques, si l’on se compare à nos voisins : alors que la dépense moyenne en produits équitables s’élevait en 2002 à environ 0,60 euros par an, le consommateur suisse dépensait dans le même temps 14 euros et le consommateur hollandais 2,88 euros. En Suisse, la part de marché des bananes équitables a atteint 20% en 2002, et serait proche de 50% en 2004.

 

Les principaux acteurs du secteur estiment qu’environ un million de familles de producteurs dans le monde, soit plus de six millions de personnes au total, bénéficient du commerce équitable (Afrique, Asie, Amérique latine). Les consommateurs de 19 pays du Nord participent à l’aventure, qui bénéficie à 46 pays du Sud.

Ce n’est pas un scoop, l’Afrique est un continent délaissé. Ce continent détient de tristes records : les pays les plus pauvres du monde en Afrique sub-saharienne, le plus faible indice moyen de développement humain, l’espérance de vie la plus faible, et pour couronner le tout, de nombreux conflits armés engendrant de vastes mouvements de populations réfugiées.

D’un point de vue strictement économique, l’Afrique a aussi du mal à se lancer et concurrencer les économies occidentales et les nouvelles économies asiatiques.

  • Les débouchés locaux sont difficiles à maintenir. De même, les marchés touristiques se sont écroulés dans certains pays suite à des difficultés liées à l’instabilité politique. Or, les revenus tirés de la vente d’artisanat sont d’autant plus importants lorsque les revenus tirés de l’agriculture ne sont plus suffisamment rémunérateurs (café, coton, cacao)
  • L’Afrique doit faire face à l’importation massive de produits industriels. A titre d’exemple, la vannerie traditionnel a été largement remplacée par des produits industriels en plastique venus d’Asie. N’ayant plus la possibilité de vendre leurs productions sur le marché local, ces artisans tentent de trouver de nouveaux débouchés dans l’exportation. Sans compter que les produits ethniques issus d’Afrique sont parfois simplement copiés et produits massivement en Asie.

Dans le commerce équitable, cette tendance se marque aussi, notamment par des coûts de transport plus élevés et des problèmes de fiabilité commerciale. En Europe, le nombre de partenaires africains producteurs d’artisanat de commerce équitable a diminué de moitié ces dix dernières années. Aussi, le commerce équitable en Afrique est-il crucial pour tenter de stabiliser des revenus décents pour des artisans, des petits producteurs et leur famille. Les membres d’EFTA (European Fair Trade

Association) tente aujourd’hui d’apporter une réponse d’ensemble aux partenaires situés en Afrique. Les projets en cours visent plusieursobjectifs :

  • développer l’accès au marché conventionnel pour les producteurs, notamment dans le marché conventionnel via les exportations mais aussi en développant le marché local
  • développer le commerce équitable Sud-Sud au sein du continent africain mais aussi avec l’Asie et l’Amérique latine
  • améliorer la fiabilité commerciale des organisations de commerce équitable africain au travers de formations notamment
  • sensibiliser à l’utilisation et l’utilité sociale de la valorisation de ses propres ressources naturelles au travers de la production artisanale
  • promouvoir les produits d’artisanat du commerce équitable issus d’Afrique
  • enfin, tenter d’apporter  une réponse structurelle aux inégalités commerciales qui pénalisent l’Afrique par les politiques économiques occidentales (dettes, marchés internationaux des matières premières agricoles tels que le café ou le coton)

Le commerce équitable permet donc de :

  • travailler avec des communautés urbaines et rurales marginalisées
  • créer des revenus complémentaires de subsistance pour 800 familles (5600 personnes)
  • renforcer les réseaux économiques et sociaux dans la région
  • renforcer les capacités des organisations de producteurs au moyen des formations
  • accéder à des capitaux d’investissements

Ils sont confrontés à des difficultés :

    • l’accès aux matières premières
    • le facteur saisonnier
    • le manque de technologies et d’infrastructures

  • le contexte de pauvreté
  • les copies de leur artisanat traditionnel produit à bas prix
  • le manque de mécanisme de protection de leur création

Finalement, le commerce équitable permet de renforcer ce type d’organisation de producteurs en Afrique et crée les conditions d’un développement durable. Le défi ne fait que commencer pour les importateurs comme Oxfam-Magasins du monde.

Comment, en Ouganda, des femmes manient les outils du commerce équitable pour combattre la pauvreté.