Equitable en Asie

Asie

Les perspectives de progression sont en effet gigantesques, si l’on se compare à nos voisins : alors que la dépense moyenne en produits équitables s’élevait en 2002 à environ 0,60 euros par an, le consommateur suisse dépensait dans le même temps 14 euros et le consommateur hollandais 2,88 euros. En Suisse, la part de marché des bananes équitables a atteint 20% en 2002, et serait proche de 50% en 2004.

 

Les principaux acteurs du secteur estiment qu’environ un million de familles de producteurs dans le monde, soit plus de six millions de personnes au total, bénéficient du commerce équitable (Afrique, Asie, Amérique latine). Les consommateurs de 19 pays du Nord participent à l’aventure, qui bénéficie à 46 pays du Sud.

L’Asie du Sud compte plus de 1 milliard d’habitants, dont 45% vivent avec moins d’un euro par jour.

En Inde  Ces dernières années, l’Inde s’est rapidement insérée dans le marché mondial. Denombreuses multinationales s’y sont installées et balayent les petits producteurs de la carte. Les conséquences sociales sont désastreuses…Oxfam-Solidarité et Oxfam-Wereldwinkels collaborent pour un commerce équitable. Avec son partenaire SVA/POKS, (SVA/POKS Sahabhagi Vikash Abhiyan (S.V.A), qui signifie Campagne pour un Développement participatif est une organisation regroupant des individus et des communautés de petits paysans et d’agriculteurs promouvant l’agriculture durable.) Ils travaillent à la mise en place d’une stratégie de soutien aux partenaires du commerce équitable. L’objectif est de renforcer les relations commerciales et de parvenir à un développement durable pour les organisations locales et les petits paysans.

Les petits paysans doivent avoir accès aux marchés afin de pouvoir augmenter leurs revenus. L’action favorise la collaboration avec les organisations locales, comme les groupements et coopératives de petits paysans. Ils défendent la souveraineté alimentaire dans le prolongement de la campagne « Pour un commerce équitable » (Make Trade Fair), démarrée le 11 avril 2002 en Inde.

Au Vietnam
Au milieu des années 1990, le Vietnam est passé à une économie de marché. L’entrée du pays dans l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) a énormément influencé la vie des habitants.

Auparavant, l’Etat assumait l’organisation de la production, de la distribution et de l’exportation. Aujourd’hui, les petits producteurs se retrouvent seuls. D’une part, ils doivent être compétitifs face aux produits importés souvent très bon marché ; d’autre part, ils doivent trouver acheteur eux-mêmes. Sous la pression de l’OMC, les subventions de l’Etat devront aussi disparaître.
Pour tenir le coup, les petits producteurs doivent pouvoir s’organiser. C’est pourquoi Oxfam-Solidarité soutient l’Union des agriculteurs vietnamiens, une organisation de masse qui compte plus de 8 millions de membres dans tout le pays. L’Union des agriculteurs est liée aux autorités vietnamiennes et promeut ainsi la politique du gouvernement et la gestion provinciale et locale auprès de la population.

De bas en haut et de haut en bas
Dans ce nouveau contexte, l’Union doit également défendre les intérêts des agriculteurs, de manière à ce que leurs exigences soient entendues par les autorités. Cela demande une réorientation de la précédente approche, qui consistait à se diriger du haut vers le bas de la hiérarchie, vers une réelle participation de la base. Cela demande aussi une grande capacité de participation et un changement d’attitude et d’approche. L’information, la formation sur l’impact de l’économie de marché et une assistance fournie aux petits producteurs pour qu’ils

puissent se défendre sur le marché sont devenues les priorités de l’Union des agriculteurs.
“Les membres soumettent leurs problèmes à l’Union ; et nous cherchons une solutionensemble”, les départements de l’Union des agriculteurs dans les provinces de Hoa Binh et Ha Tinh sont convaincus de ce principe. Oxfam-Solidarité les soutient dans cette nouvelle approche. Depuis 2003, l’Union consacre beaucoup d’attention à la formation interne et à l’amélioration de la qualité des collaborateurs de ces départements au niveau de la participation, de la gestion, de l’organisation et du soutien.

Ces principes sont mis en pratique par le biais de projets conçus avec les agriculteurs qui leur assurent une place au sein du marché (et donc un salaire digne) via l’agriculture durable et rentable.
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