Equitable dans le monde.

Europe

Les perspectives de progression sont en effet gigantesques, si l’on se compare à nos voisins : alors que la dépense moyenne en produits équitables s’élevait en 2002 à environ 0,60 euros par an, le consommateur suisse dépensait dans le même temps 14 euros et le consommateur hollandais 2,88 euros. En Suisse, la part de marché des bananes équitables a atteint 20% en 2002, et serait proche de 50% en 2004.

 

Les principaux acteurs du secteur estiment qu’environ un million de familles de producteurs dans le monde, soit plus de six millions de personnes au total, bénéficient du commerce équitable (Afrique, Asie, Amérique latine). Les consommateurs de 19 pays du Nord participent à l’aventure, qui bénéficie à 46 pays du Sud.

Dans le monde en 2007, les consommateurs ont dépensé plus de 2.3 milliards d’euros pour des produits certifiés Fairtrade (FLO), soit une augmentation de 47% par rapport à l’année précédente.

Les ventes sur les marchés les plus importants, à savoir l’Angleterre et les Etats-Unis, ont augmenté respectivement de 72 et 46%. Les marchés où la croissance a été la plus forte sont la Suède et la Norvège, avec des augmentations respectives de 166 et 110 %. En Belgique, les ventes sont passées de 28 à 35 millions d’euros, soit une augmentation de 25% entre 2006 et 2007.

AU ROYAUME UNI
La plus grande chaîne de supermarchés du pays, Tesco, et ses rivales Sainsbury’s et Marks and Spencer, garnissent de plus en plus leurs étagères avec de tels produits, alimentaires, mais aussi vestimentaires, comme les chaussettes ou les tee-shirts.
La chaîne de supermarchés Sainsbury’s, la troisième chaîne de supermarchés du pays a annoncé, en décembre 2006, la conversion à 100% de ses rayons de bananes en bananes certifiées Fair Trade. Elle vend également les premiers petits pots pour bébés « équitables », à base de banane et purée de mangue.
Marks & Spencer a répondu à la demande de ses clients en faveur de produits éthiques en convertissant tout son thé et son café au commerce équitable en avril 2006.
La compagnie ferroviaire Virgin Trains, qui opère dans l’ouest du pays, une des entités du groupe Virgin du milliardaire Richard Branson, a de son côté annoncé que les boissons chaudes vendues aux voyageurs seraient désormais uniquement « commerce équitable ».

Tout le sucre vendu au Royaume-Uni par Tate & Lyle, premier producteur européen de sucre de canne raffiné, portera le label Fairtrade dès 2009. Il s’agira de la plus importante certification Fairtrade du pays.
La plus importante société de restauration collective du Royaume-Uni, Compass Group, a annoncé qu’à partir de mai 2008, toutes ses bananes seraient des bananes équitables (Fairtrade). L’année dernière, Compass a vendu environ 1565 tonnes de bananes, dont pratiquement la moitié (45%) étaient équitables. La société s’attend à vendre à peu près le même volume en 2008.

EN ALLEMAGNE

Les magasins Lidl proposent en Allemagne, depuis le mois de juin 2006 un assortiment de produits équitables à leurs clients. Lidl distribue sous la marque Fairglobe toute une série de produits »responsables ». Il s’agira en premier lieu de cafés (bio et soluble), de bananes et miel biologiques, de jus d’orange, de chocolat et de sucre de canne. Les prix de ces produits sont quelque peu supérieurs à ceux des produits de l’assortiment traditionnel. Lidl collabore avec le label Transfair (l’équivalent de Max Havelaar en Allemagne). Ensemble, ils organisent différentes actions pour mettre en avant ces produits.
Le fabricant de chocolat Ritter Sport se prépare à lancer du chocolat équitable, s’approvisionnant en cacao auprès de cultivateurs du Nicaragua.

EN IRLANDE

Selon Fairtrade Mark Ireland, (équivallent de Max Havelaar en Irlande), les ventes de produits équitables labellisés ont augmenté de 101% en 2007, pour passer de 11,6 millions d’euros en 2006 à23,3 millions en 2007.
Insomnia Coffee Company annonçait en septembre 2006 que tout le café proposé dans ses points de vente serait cent pour cent certifié Fair Trade.49

EN ESTONIE

Le label « Fair Trade » (commerce équitable) a été officiellement lancé en Estonie en mai 2007.
L’Estonie devient ainsi le premier pays balte à offrir des produits certifiés « équitables ». Des produits comme du café, du thé, du sucre, des fruits et du vin sont disponibles dans un des magasins d’alimentation centrale de Tallinn, Kaubamaja, et quelques magasins spécialisés.

EN AFRIQUE

Ce n’est pas un scoop, l’Afrique est un continent délaissé. Ce continent détient de tristes records : les pays les plus pauvres du monde en Afrique sub-saharienne, le plus faible indice moyen de développement humain, l’espérance de vie la plus faible, et pour couronner le tout, de nombreux conflits armés engendrant de vastes mouvements de populations réfugiées.

D’un point de vue strictement économique, l’Afrique a aussi du mal à se lancer et concurrencer les économies occidentales et les nouvelles économies asiatiques.

  • Les débouchés locaux sont difficiles à maintenir. De même, les marchés touristiques se sont écroulés dans certains pays suite à des difficultés liées à l’instabilité politique. Or, les revenus tirés de la vente d’artisanat sont d’autant plus importants lorsque les revenus tirés de l’agriculture ne sont plus suffisamment rémunérateurs (café, coton, cacao)
  • L’Afrique doit faire face à l’importation massive de produits industriels. A titre d’exemple, la vannerie traditionnel a été largement remplacée par des produits industriels en plastique venus d’Asie. N’ayant plus la possibilité de vendre leurs productions sur le marché local, ces artisans tentent de trouver de nouveaux débouchés dans l’exportation. Sans compter que les produits ethniques issus d’Afrique sont parfois simplement copiés et produits massivement en Asie.

Dans le commerce équitable, cette tendance se marque aussi, notamment par des coûts de transport plus élevés et des problèmes de fiabilité commerciale. En Europe, le nombre de partenaires africains producteurs d’artisanat de commerce équitable a diminué de moitié ces dix dernières années. Aussi, le commerce équitable en Afrique est-il crucial pour tenter de stabiliser des revenus décents pour des artisans, des petits producteurs et leur famille. Les membres d’EFTA (European Fair Trade

Association) tente aujourd’hui d’apporter une réponse d’ensemble aux partenaires situés en Afrique. Les projets en cours visent plusieursobjectifs :

  • développer l’accès au marché conventionnel pour les producteurs, notamment dans le marché conventionnel via les exportations mais aussi en développant le marché local
  • développer le commerce équitable Sud-Sud au sein du continent africain mais aussi avec l’Asie et l’Amérique latine
  • améliorer la fiabilité commerciale des organisations de commerce équitable africain au travers de formations notamment
  • sensibiliser à l’utilisation et l’utilité sociale de la valorisation de ses propres ressources naturelles au travers de la production artisanale
  • promouvoir les produits d’artisanat du commerce équitable issus d’Afrique
  • enfin, tenter d’apporter une réponse structurelle aux inégalités commerciales qui pénalisent l’Afrique par les politiques économiques occidentales (dettes, marchés internationaux des matières premières agricoles tels que le café ou le coton)

Le commerce équitable permet donc de :

  • travailler avec des communautés urbaines et rurales marginalisées
  • créer des revenus complémentaires de subsistance pour 800 familles (5600 personnes)
  • renforcer les réseaux économiques et sociaux dans la région
  • renforcer les capacités des organisations de producteurs au moyen des formations
  • accéder à des capitaux d’investissements

Ils sont confrontés à des difficultés :

    • l’accès aux matières premières
    • le facteur saisonnier
    • le manque de technologies et d’infrastructures

  • le contexte de pauvreté
  • les copies de leur artisanat traditionnel produit à bas prix
  • le manque de mécanisme de protection de leur création

Finalement, le commerce équitable permet de renforcer ce type d’organisation de producteurs en Afrique et crée les conditions d’un développement durable. Le défi ne fait que commencer pour les importateurs comme Oxfam-Magasins du monde.

Comment, en Ouganda, des femmes manient les outils du commerce équitable pour combattre la pauvreté.

EN ASIE
L’Asie du Sud compte plus de 1 milliard d’habitants, dont 45% vivent avec moins d’un euro par jour.

En Inde Ces dernières années, l’Inde s’est rapidement insérée dans le marché mondial. Denombreuses multinationales s’y sont installées et balayent les petits producteurs de la carte. Les conséquences sociales sont désastreuses…Oxfam-Solidarité et Oxfam-Wereldwinkels collaborent pour un commerce équitable. Avec son partenaire SVA/POKS, (SVA/POKS Sahabhagi Vikash Abhiyan (S.V.A), qui signifie Campagne pour un Développement participatif est une organisation regroupant des individus et des communautés de petits paysans et d’agriculteurs promouvant l’agriculture durable.) Ils travaillent à la mise en place d’une stratégie de soutien aux partenaires du commerce équitable. L’objectif est de renforcer les relations commerciales et de parvenir à un développement durable pour les organisations locales et les petits paysans.

Les petits paysans doivent avoir accès aux marchés afin de pouvoir augmenter leurs revenus. L’action favorise la collaboration avec les organisations locales, comme les groupements et coopératives de petits paysans. Ils défendent la souveraineté alimentaire dans le prolongement de la campagne « Pour un commerce équitable » (Make Trade Fair), démarrée le 11 avril 2002 en Inde.

Au Vietnam
Au milieu des années 1990, le Vietnam est passé à une économie de marché. L’entrée du pays dans l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) a énormément influencé la vie des habitants.

Auparavant, l’Etat assumait l’organisation de la production, de la distribution et de l’exportation. Aujourd’hui, les petits producteurs se retrouvent seuls. D’une part, ils doivent être compétitifs face aux produits importés souvent très bon marché ; d’autre part, ils doivent trouver acheteur eux-mêmes. Sous la pression de l’OMC, les subventions de l’Etat devront aussi disparaître.
Pour tenir le coup, les petits producteurs doivent pouvoir s’organiser. C’est pourquoi Oxfam-Solidarité soutient l’Union des agriculteurs vietnamiens, une organisation de masse qui compte plus de 8 millions de membres dans tout le pays. L’Union des agriculteurs est liée aux autorités vietnamiennes et promeut ainsi la politique du gouvernement et la gestion provinciale et locale auprès de la population.

De bas en haut et de haut en bas
Dans ce nouveau contexte, l’Union doit également défendre les intérêts des agriculteurs, de manière à ce que leurs exigences soient entendues par les autorités. Cela demande une réorientation de la précédente approche, qui consistait à se diriger du haut vers le bas de la hiérarchie, vers une réelle participation de la base. Cela demande aussi une grande capacité de participation et un changement d’attitude et d’approche. L’information, la formation sur l’impact de l’économie de marché et une assistance fournie aux petits producteurs pour qu’ils

puissent se défendre sur le marché sont devenues les priorités de l’Union des agriculteurs.
“Les membres soumettent leurs problèmes à l’Union ; et nous cherchons une solution ensemble”, les départements de l’Union des agriculteurs dans les provinces de Hoa Binh et Ha Tinh sont convaincus de ce principe. Oxfam-Solidarité les soutient dans cette nouvelle approche. Depuis 2003, l’Union consacre beaucoup d’attention à la formation interne et à l’amélioration de la qualité des collaborateurs de ces départements au niveau de la participation, de la gestion, de l’organisation et du soutien.

Ces principes sont mis en pratique par le biais de projets conçus avec les agriculteurs qui leur assurent une place au sein du marché (et donc un salaire digne) via l’agriculture durable et rentable.
Source


AUX U.S.A.


Les Etats-Unis ont été les pionniers du commerce équitable, avec des organisations comme SERRV et Ten Thousand Villages. Mais le marché du commerce équitable n’a connu de véritable expansion qu’à partir du moment où Starbucks, cédant à la demande d’une campagne nationale lancée par Global Exchange en 2000, commença à introduire du café équitable dans ses coffee shops. Des organisations et certificateurs équitables persuadèrent par la suite d’autres sociétés et marques comme Costco, Sam’s Club, Seattle’s Best, Dunkin’ Donuts, McDonald’s, et même Nestlé de proposer du café équitable. Cette stratégie de rendre le commerce équitable « mainstream » porta ses fruits. En 2000, le marché américain du commerce équitable représentait 50 millions de dollars.
En 2007, il « pesait » environ 1 milliard de dollars.
Communiqué de presse de FLO, 27 mars 2007 Wal-Mart, le géant mondial de la distribution, veut profiter de l’intérêt croissant des
consommateurs pour les cafés durables en introduisant sa propre gamme de cafés certifiés bio, Fair Trade et Rainforest Alliance52. En avril 2008, Wal-Mart a lancé six cafés sous la marque Sam’s Choice, dans tous ses magasins aux Etats-Unis.

L’Amérique du Sud, quant à elle, est caractérisée par d’extrêmes inégalités sur le plan des droits, des rapports de force et des richesses. La libéralisation du commerce a de graves conséquences pour les différents pays du continent : ils sont submergés par des produits importés bon marché et les producteurs locaux n’arrivent dès lors pratiquement plus à se débarrasser de leurs produits. Le pouvoir politique reste souvent aux mains d’une petite élite. Une pression de plus en plus forte est exercée sur les droits en Amérique du Sud. La pauvreté et l’exclusion sont de plus en plus marquées.

Les fondements des inégalités du continent ont été mis en place au seizième siècle, lors de la colonisation espagnole. Depuis lors, la région a été dirigée par des minorités. Des structures et des modèles de développement ont été mis en place afin de contrôler et d’exploiter les peuples, les mouvements sociaux et les ressources naturelles.
Ces inégalités existent toujours aujourd’hui, souvent sous d’autres formes et dans un contexte différent. Les règles du jeux sont dictées depuis les années 80 par le néolibéralisme, qui limite le « développement » au libre échange international et aux investissements. Le secteur privé moderne y tient le rôle principal et s’oriente sur l’exportation. Le secteur public (l’Etat) est dès lors de plus en plus mis à l’écart. L’accent est mis principalement sur la libéralisation des marchés nationaux (produits de consommation, ressources naturelles, marché du travail), la stabilité économique et le remboursement de la lourde dette extérieure.
Toutes les intiatives ne trouvent pas un accueil favorable : exemple le plan Puebla Panama (PPP), financé par la Banque interaméricaine de développement (BID), il vise à renforcer l’intégration des économies centre-américaines et mexicaines, en facilitant les flux de marchandises, d’énergie et d’information au sein de la zone. Accueil plutôt mitigé des paysans. en savoir plus …

Les conséquences sont dramatiques pour les fermiers, les communautés indigènes, les ouvriers, les femmes, les jeunes… Les services sociaux de base (santé et éducation) sont privatisés, voire inexistants, de sorte qu’ils deviennent inaccessibles pour la majorité de la population. Les ressources naturelles – comme la terre et l’eau – tombent de plus en plus aux mains d’entreprises multinationales. De plus en plus de paysans doivent quitter leur terre. La militarisation est à nouveau d’actualité, encouragée par les Etats-Unis dans le cadre de la lutte mondiale contre la drogue et le terrorisme.
Malgré cette situation difficile, les organisations populaires continuent à chercher des solutions pour survivre mais aussi pour s’opposer aux rapports de force inégaux à l’origine de leur pauvreté et de leur marginalisation. Elles exigent le droit de participer aux décisions politiques, l’accès et le contrôle des terres et de l’eau. Elles s’opposent à la militarisation croissante et à toute forme d’impunité.
Histoire d’une organisation de producteurs qui s’est battu pour développer la production de la quinoa. Cliquez ici pour une information complète.

Source : http://www.oxfamsol.be/fr/article.php3?id_article=0280