Equitable aux Etats Unis

U.S.A

Les perspectives de progression sont en effet gigantesques, si l’on se compare à nos voisins : alors que la dépense moyenne en produits équitables s’élevait en 2002 à environ 0,60 euros par an, le consommateur suisse dépensait dans le même temps 14 euros et le consommateur hollandais 2,88 euros. En Suisse, la part de marché des bananes équitables a atteint 20% en 2002, et serait proche de 50% en 2004.

 

Les principaux acteurs du secteur estiment qu’environ un million de familles de producteurs dans le monde, soit plus de six millions de personnes au total, bénéficient du commerce équitable (Afrique, Asie, Amérique latine). Les consommateurs de 19 pays du Nord participent à l’aventure, qui bénéficie à 46 pays du Sud.

AUX ETATS UNIS
Les Etats-Unis ont été les pionniers du commerce équitable, avec des organisations comme SERRV et Ten Thousand Villages. Mais le marché du commerce équitable n’a connu de véritable expansion qu’à partir du moment où Starbucks, cédant à la demande d’une campagne nationale lancée par Global Exchange en 2000, commença à introduire du café équitable dans ses coffee shops. Des organisations et certificateurs équitables persuadèrent par la suite d’autres sociétés et marques comme Costco, Sam’s Club, Seattle’s Best, Dunkin’ Donuts, McDonald’s, et même Nestlé de proposer du café équitable. Cette stratégie de rendre le commerce équitable « mainstream » porta ses fruits. En 2000, le marché américain du commerce équitable représentait 50 millions de dollars.
En 2007, il « pesait » environ 1 milliard de dollars.
Communiqué de presse de FLO, 27 mars 2007 Wal-Mart, le géant mondial de la distribution, veut profiter de l’intérêt croissant des
consommateurs pour les cafés durables en introduisant sa propre gamme de cafés certifiés bio, Fair Trade et Rainforest Alliance52. En avril 2008, Wal-Mart a lancé six cafés sous la marque Sam’s Choice, dans tous ses magasins aux Etats-Unis.

L’Amérique du Sud, quant à elle, est caractérisée par d’extrêmes inégalités sur le plan des droits, des rapports de force et des richesses. La libéralisation du commerce a de graves conséquences pour les différents pays du continent : ils sont submergés par des produits importés bon marché et les producteurs locaux n’arrivent dès lors pratiquement plus à se débarrasser de leurs produits. Le pouvoir politique reste souvent aux mains d’une petite élite. Une pression de plus en plus forte est exercée sur les droits en Amérique du Sud. La pauvreté et l’exclusion sont de plus en plus marquées.

Les fondements des inégalités du continent ont été mis en place au seizième siècle, lors de la colonisation espagnole. Depuis lors, la région a été dirigée par des minorités. Des structures et des modèles de développement ont été mis en place afin de contrôler et d’exploiter les peuples, les mouvements sociaux et les ressources naturelles.
Ces inégalités existent toujours aujourd’hui, souvent sous d’autres formes et dans un contexte différent. Les règles du jeux sont dictées depuis les années 80 par le néolibéralisme, qui limite le « développement » au libre échange international et aux investissements. Le secteur privé moderne y tient le rôle principal et s’oriente sur l’exportation. Le secteur public (l’Etat) est dès lors de plus en plus mis à l’écart. L’accent est mis principalement sur la libéralisation des marchés nationaux (produits de consommation, ressources naturelles, marché du travail), la stabilité économique et le remboursement de la lourde dette extérieure.
Toutes les intiatives ne trouvent pas un accueil favorable : exemple le plan Puebla Panama (PPP), financé par la Banque interaméricaine de développement (BID), il vise à renforcer l’intégration des économies centre-américaines et mexicaines, en facilitant les flux de marchandises, d’énergie et d’information au sein de la zone. Accueil plutôt mitigé des paysans. en savoir plus …

Les conséquences sont dramatiques pour les fermiers, les communautés indigènes, les ouvriers, les femmes, les jeunes… Les services sociaux de base (santé et éducation) sont privatisés, voire inexistants, de sorte qu’ils deviennent inaccessibles pour la majorité de la population. Les ressources naturelles – comme la terre et l’eau – tombent de plus en plus aux mains d’entreprises multinationales. De plus en plus de paysans doivent quitter leur terre. La militarisation est à nouveau d’actualité, encouragée par les Etats-Unis dans le cadre de la lutte mondiale contre la drogue et le terrorisme.
Malgré cette situation difficile, les organisations populaires continuent à chercher des solutions pour survivre mais aussi pour s’opposer aux rapports de force inégaux à l’origine de leur pauvreté et de leur marginalisation. Elles exigent le droit de participer aux décisions politiques, l’accès et le contrôle des terres et de l’eau. Elles s’opposent à la militarisation croissante et à toute forme d’impunité.
Histoire d’une organisation de producteurs qui s’est battu pour développer la production de la quinoa. Cliquez ici pour une information complète.

Source : http://www.oxfamsol.be/fr/article.php3?id_article=0280