Plaidoyer pour un impôt carbone intelligent

Un impôt carbone intelligent

Une taxe sur le carbone fournira tous les signaux et incitations nécessaires aux particuliers, aux entreprises, aux États et aux innovateurs. Mais comment en fixer le montant ?

Je n’ai pas de querelle à engager avec Freeman Dyson sur la manière dont il a rendu compte de mon livre. En revanche, son article a déclenché une petite avalanche de lettres qui protestent à la fois contre mon ouvrage et contre le commentaire qu’il en fait. Ces réactions me fournissent l’occasion de revenir sur certaines des principales controverses.
L’économie du changement climatique est simple. Quasiment toute activité engendre directement ou indirectement la combustion de carburants fossiles, et donc un rejet de gaz carbonique dans l’atmosphère. Le CO2 s’accumule pendant des décennies et entraîne un réchauffement en surface et bien d’autres changements géophysiques potentiellement dommageables. Les émissions de CO2 représentent des « externalités », c’est-à-dire des effets sociaux non pris en compte par le fonctionnement du marché. Les gens ne paient pas pour les coûts actuels et futurs de leurs actes.
Si l’économie fournit une base propre à définir une politique, c’est bien de corriger cet échec du marché en s’assurant que tout le monde, partout et dans le temps long, soit confronté à un prix du carbone reflétant le coût social de son usage. Les acteurs économiques – des milliers d’administrations, des millions d’entreprises, des milliards d’individus, qui prennent tous des milliers de milliards de décisions chaque année – doivent payer un prix réaliste pour l’usage du carbone si l’on veut que les décisions de consommer, d’investir et d’innover soient appropriées.
La stratégie la plus efficace pour ralentir ou prévenir le changement climatique est d’imposer une taxe universelle sur le carbone, harmonisée à l’échelle internationale, prélevée sur le contenu en carbone des carburants fossiles. C’est-à-dire sur le montant total des émissions de CO2 produites, par exemple, quand une personne consomme un kilowattheure d’électricité ou un litre d’essence.

Subventions cachées

Pour comprendre ce que serait une taxe sur le carbone, prenez un foyer américain moyen, qui consomme environ 12 000 kWh d’électricité par an à un prix d’environ 10 cents le kWh. Si cette électricité est générée par le charbon, cela entraîne l’émission d’environ trois tonnes de CO2. Si la taxe sur le carbone était de 30 dollars par tonne, elle ferait passer le coût annuel de l’achat d’électricité de 1 200 à 1 290 dollars. Au contraire, les coûts de l’énergie nucléaire ou éolienne ne seraient pas affectés car ces formes d’énergie n’utilisent pas de carburants fossiles.
Augmenter le prix de l’utilisation du carbone par une taxe a pour objectif premier de créer de fortes incitations à réduire les émissions de CO2. Par quatre mécanismes distincts. Premièrement, cela fournira des signaux aux consommateurs sur les produits et services qui génèrent de fortes émissions de CO2 et donc à utiliser avec parcimonie. Deuxièmement, cela fournira des signaux aux producteurs sur les sources d’énergie les plus génératrices de CO2 (comme l’électricité issue du charbon), et celles qui en génèrent moins ou pas du tout (comme l’énergie éolienne), ce qui devrait les pousser à s’orienter vers les technologies peu émettrices. Troisièmement, cela rendra le marché favorable aux inventeurs et innovateurs qui développent des produits et des processus peu émetteurs de CO2 capables de se substituer aux technologies actuelles.
Enfin, un prix de marché pour le carbone réduira la somme d’information requise pour accomplir ces trois tâches. Aujourd’hui, le consommateur responsable soucieux de minimiser son « empreinte carbone » (la quantité de carbone qu’il utilise) peut difficilement calculer les émissions comparées de CO2 qu’il génère, par exemple, en prenant soit sa voiture soit l’avion. Avec une taxe sur le carbone, le prix de toutes les activités émettrices de CO2 augmenterait en proportion du contenu en carbone des sources d’énergie utilisées. Bien des consommateurs continueront de ne pas savoir quelle part du prix est due au contenu en carbone, mais ils pourront prendre leurs décisions en sachant qu’ils paient pour le coût social du carbone qu’ils utilisent.
Certains ne verront dans une taxe sur le carbone qu’un nouvel exemple affligeant de la philosophie économique « taxer et dépenser (1) ». Cet argument se méprend fondamentalement sur le raisonnement économique à la base de l’idée. Ceux qui brûlent des carburants fossiles touchent une subvention de fait. Ils font paître leur troupeau sur le pré communal sans en payer le prix (2). Une taxe sur le carbone améliorerait plutôt qu’elle ne la réduirait l’efficacité économique, parce qu’elle corrigerait la subvention cachée accordée aux utilisateurs des carburants d’origine fossile.
Reste la question économique principale : quel est le juste prix du carbone ? Il est, à l’heure actuelle, impossible (ou totalement ruineux) d’empêcher tout changement climatique futur ; mais un réchauffement incontrôlé fait peser une menace sérieuse sur les sociétés humaines et plus encore sur les écosystèmes. Il nous faut donc trouver un équilibre entre plusieurs objectifs concurrents : empêcher le changement climatique, soutenir la croissance économique, éviter les risques de catastrophes majeures et ne pas imposer d’épreuves excessives aux pauvres ou aux générations futures.
Le calcul des dégâts climatiques comprend non seulement l’impact sur des produits marchands comme l’alimentation et la forêt, mais aussi l’estimation des pertes dues aux effets non marchands du phénomène. Les études les plus poussées sur les dommages incluent des facteurs tels que l’intensité croissante des ouragans, l’impact des changements de température et de la pluviosité sur la production alimentaire, les loisirs et les infrastructures, et enfin le poids croissant des maladies. Les estimations incluent également des ajustements afin de prendre en compte le risque d’événements peu probables mais aux conséquences majeures, comme un changement climatique brutal. Il s’est révélé impossible de fournir des estimations fiables pour de nombreux effets incertains, mais il est évidemment essentiel de ne pas les omettre dans l’évaluation finale.

La plupart des dommages auront lieu après 2200

Mes travaux économiques, dont je fournis la synthèse dans mon livre, suggèrent qu’un équilibre serait atteint avec un prix du carbone situé dans une fourchette de 30 à 50 dollars par tonne, et augmentant avec le temps. Le bas de la fourchette est l’optimum fondé sur le pur rapport économique entre coûts et bénéfices. Le haut de la fourchette ajoute la contrainte que la température globale ou la concentration atmosphérique de CO2 ne dépasse pas un niveau « dangereux ».
Pour les États-Unis, un tel impôt générerait des recettes de 50 à 80 milliards de dollars par an. Pour un ménage américain moyen, une taxe de 30 dollars par tonne de carbone reviendrait à augmenter le prix de l’essence d’environ 1,8 cent par litre. Elle accroîtrait le prix des carburants fossiles et des biens qui en dépendent d’environ 5 %, augmentation bien inférieure à celle des cinq années 2003-2007.
Le décor étant planté, je vais maintenant répondre à deux questions soulevées par Freeman Dyson et de nombreuses lettres et commentaires que j’ai reçus, concernant en premier lieu le taux d’actualisation, ensuite les technologies bon marché permettant de réduire les émissions de CO2.
L’une des questions clés en matière de politique climatique est celle du juste taux d’actualisation à appliquer lorsqu’on compare coûts actuels et bénéfices futurs. C’est important car, si la société réduit aujourd’hui sa consommation de carburants fossiles, elle va en supporter le coût, alors que la plupart des dommages évités le seront dans un avenir lointain. Même le rapport Stern, qui a adopté un point de vue pessimiste sur les dommages, estime que ceux-ci seront relativement faibles au cours du présent siècle et que la plupart se produiront après 2200. Il nous faut donc trouver un taux d’actualisation approprié pour équilibrer les coûts de l’action menée aujourd’hui avec la réduction des dommages à venir dans un siècle ou plus.
Nous pouvons illustrer cette question de l’actualisation à l’aide d’un exemple. Supposons qu’une personne de confiance vienne vous voir avec la proposition suivante. Il met en place un fonds qui rapportera à vos héritiers un bénéfice de 100 millions de dollars (corrigés de l’inflation) dans deux cents ans, en retour du versement d’une certaine somme, x dollars, aujourd’hui. Les 100 millions pourraient représenter le bénéfice tiré de la réduction des dommages climatiques. Ou bien ils pourraient assurer à vos descendants la propriété d’une partie de Manhattan. Quel est le montant maximum que vous seriez prêt à débourser ?
En s’appuyant sur la simple intuition arithmétique, vous pourriez raisonner ainsi : « Je sais que l’argent investi générera des intérêts et s’accroîtra avec le temps. Si je prends un taux d’intérêt de 5 % sur deux cents ans, cela me donnera au total 1 000 %, soit une croissance d’un facteur 10. Donc, pour obtenir 100 millions dans deux cents ans, il me faut verser 10 millions aujourd’hui. En d’autres termes, si je considère que l’argent investi durant cette période rapportera dix fois la mise, ma contribution au fonds ne dépassera pas 10 millions. Mais peut-être le taux d’intérêt pourrait-il être plus élevé. Si par exemple le fonds croît d’un facteur 100, je n’ai pas à débourser plus de 1 million. » Voilà ce que donnerait votre intuition arithmétique.
En réalité, cette approche est on ne peut plus éloignée du calcul correct. Le calcul intuitif oublie que l’intérêt est cumulé : il est payé sur le montant total, non sur la mise initiale. Un conseiller financier vous recommandera de calculer votre mise initiale en prenant les 100 millions et de les « actualiser » en les rapportant au présent, en utilisant un taux d’intérêt approprié : c’est le taux d’actualisation. Celui-ci doit refléter le montant que votre investissement pourrait rapporter sur la période.
De plus, dans notre exemple, les 100 millions de dollars sont corrigés de l’inflation, si bien que le retour sera payé en biens réels. Aussi vous faut-il utiliser le taux d’actualisation sur les biens (de nouveau, rappelez-vous que nous utilisons, dans cette analyse, une évaluation globale des biens ; ceux dont le prix augmente plus que la moyenne se voient appliquer un taux d’actualisation moins élevé). Un taux d’actualisation sur les biens est le taux que nous appliquerions en convertissant la valeur corrigée de l’inflation des biens consommés dans le futur, en valeur d’aujourd’hui. Le taux doit refléter non seulement le retour à attendre des investissements collectifs mais aussi divers facteurs de risque : la personne « de confiance » qui vous a fait la proposition peut être un fonds de pension au bord de la faillite, vous pourriez bien ne pas avoir d’héritiers dans deux cents ans, ou bien la partie de Manhattan que vous avez achetée pourrait se retrouver sous les eaux.

Déposséder les générations futures

D’après les études historiques et les projections, le retour sur investissement corrigé de l’inflation est de 3 à 6 % par an selon la durée et le risque. Dans ma modélisation, j’ai utilisé un taux d’actualisation de 4 %. Si vous appliquez ce taux de 4 % au fonds dans lequel on vous invite à investir, vous serez conduit à proposer une mise initiale de 39 204 dollars. Dans deux cents ans, quand les intérêts composés sur cette somme seront payés, la valeur du fonds atteindra 100 millions de dollars.
Beaucoup de gens sont choqués qu’on puisse proposer une somme de départ aussi mince. Comment peut-on se soucier aussi peu de l’avenir ? Ne sommes-nous pas en train de déposséder les générations futures ? La réponse n’est pas que nous sommes indifférents à l’avenir mais que nous disposons d’une vaste gamme d’investissements productifs possibles dans une économie en changement technologique rapide. Compte tenu des intérêts composés, la croissance transforme les petits glands des investissements en chênes financiers géants en un siècle et plus. À propos d’intérêts composés, il est toujours utile de se rappeler que, pour un taux de 6 %, les 26 dollars qui ont servi à acheter l’île de Manhattan en 1626 rapporteraient 120 milliards de dollars aujourd’hui, montant à peu près égal à la valeur totale actuelle du terrain de ce haut lieu de l’investissement immobilier.
Certains diront qu’il n’est pas éthique d’actualiser le futur et que nous devrions appliquer un très bas taux d’actualisation pour calculer la valeur actuelle des biens ou des dommages climatiques futurs. Bien que cette conception se défende dans certaines circonstances, elle semble irréaliste dans le contexte de croissance économique que prévoient la plupart des études sur le changement climatique. Le rapport Stern, par exemple, considère que le revenu net global par tête passera de 10 000 dollars aujour-d’hui à environ 130 000 dollars dans deux siècles. Parallèlement, il affirme que nous devrions dès aujourd’hui prendre des mesures urgentes pour réduire les dommages du futur lointain, sur la foi de son plaidoyer pour un taux d’actualisation proche de zéro. Même s’il existe des raisons convaincantes d’agir sans tarder contre le changement climatique, il ne semble pas que le besoin de redistribuer le revenu au profit d’un futur opulent en soit une.
L’effet d’une faible actualisation peut être illustré par une expérience de pensée. Imaginons que les scientifiques découvrent que le changement climatique va provoquer un accroc dans le système climatique – par exemple une petite perturbation dans la trajectoire des courants océaniques – entraînant des dommages représentant 0,1 % de la consommation à partir de 2200 et ceci pour toujours. Quel montant pourrait-on justifier, pour un investissement unique réalisé aujourd’hui, afin d’éviter cette modification mineure qui ne commencera de se produire que dans deux siècles ?
Si nous utilisons la méthode d’actualisation du rapport Stern, la réponse est que nous devrions payer jusqu’à 56 % d’une année de consommation mondiale aujourd’hui pour éviter l’accroc. En d’autres termes, si l’on suit la logique de l’actualisation faible, il est légitime de faire un prélèvement ponctuel d’environ 30 billions de dollars sur la consommation aujourd’hui pour résoudre un petit problème qui apparaîtra dans deux cents ans. Cet exemple montre pourquoi les implications d’une actualisation proche de zéro – suggérant que la génération actuelle est moralement tenue de faire dès maintenant de grands sacrifices pour éviter aux générations futures, plus riches, des dommages climatiques relativement mineurs – peuvent être vraiment bizarres (3).
La logique d’actualisation du marché n’est pas que nous devrions consommer tous nos revenus, comme le font les États-Unis aujourd’hui. Je suggère plutôt qu’il existe de nombreux autres investissements à forte rentabilité qui amélioreraient la qualité de vie des générations futures chez nous et ailleurs : investir dans notre système de santé, dans la recherche de médicaments contre les maladies tropicales, dans l’éducation à travers le monde, dans la recherche fondamentale sur les nouvelles technologies énergétiques à faible teneur en carbone, dans les infrastructures des pays ravagés par la guerre comme l’Afghanistan. Il est difficile de défendre le point de vue que de relativement petits changements du niveau de la consommation après 2200 doivent avoir la priorité sur ces besoins pressants d’aujourd’hui.
L’incertitude majeure qui pèse sur cette question du changement climatique, c’est l’évolution des technologies énergétiques au cours du prochain demi-siècle et au-delà. Pour ralentir et même à inverser le réchauffement, nos économies auront besoin de technologies radicalement nouvelles, économiques, bonnes pour l’environnement et peu ou pas émettrices de carbone.

Le danger d’une reforestation massive

Dyson remarque que la discussion sur les futures technologies dans mon livre se limite à faire une référence très générale à différentes possibilités. Il propose sa propre solution : « Je considère comme probable que nous aurons d’ici vingt ans des “arbres génétiquement modifiés mangeurs de carbone”, et comme presque certain que nous en aurons d’ici cinquante ans. » Même si cela permettrait sans nul doute d’éliminer une grande partie du carbone dans l’atmosphère, je frémis à la perspective de voir de vastes régions du globe réservées à la culture subventionnée de plantations d’arbres. Le danger est que des programmes aidés de reforestation massive occupent d’immenses étendues agricoles, utilisent d’énormes quantités d’eau et d’engrais, et provoquent une crise alimentaire mondiale à plus grande échelle encore que celle d’aujourd’hui, déclenchée en partie par le programme américain de financement de l’éthanol.
L’histoire du progrès technologique montre que nous devrions éviter de choisir à l’avance les gagnants dans notre quête de technologies énergétiques révolutionnaires. L’invention radicale est fondamentalement imprévisible. Qui aurait pu imaginer il y a un siècle l’électronique, la biotechnologie ou les communications modernes ? De même, on peut affirmer sans risque que nous n’avons qu’une bien vague idée des technologies qui sauveront la planète du changement climatique dans cent ans. Il nous faut éviter de penser que nous avons besoin d’un Projet Manhattan climatique pour développer les technologies clés. Il paraît probable qu’elles seront le résultat cumulé d’une multitude d’inventions, beaucoup émanant de petits inventeurs, dans des domaines sans lien entre eux.
La meilleure manière d’encourager ce processus d’invention radicale est de garantir un environnement économique favorable à l’innovation et à l’esprit d’entreprise. Surtout, cela demande que le prix du carbone soit suffisamment élevé pour que l’investissement dans les technologies propres rapporte de manière tangible et sûre. Les gouvernements doivent appliquer les mêmes règles du jeu aux différentes technologies, de sorte qu’aucune ne bénéficie d’un traitement de faveur par le biais de subventions, de la réglementation ou de la protection de la propriété intellectuelle.
Le changement climatique est un phénomène complexe, sujet à de grandes incertitudes, et la connaissance que nous en avons change presque chaque jour. Il ne sera probablement pas catastrophique à court terme, mais il pourrait entraîner des dommages considérables à long terme. Il y a gros à gagner à définir des stratégies efficaces pour ralentir le phénomène et s’assurer que l’environnement économique est favorable à l’innovation. L’approche internationale actuelle du protocole de Kyoto sera économiquement coûteuse et pratiquement sans impact sur le changement climatique. De mon point de vue, la meilleure politique est aussi une politique relativement simple : des taxes carbone harmonisées à l’échelle internationale. Les économistes et les écologistes continueront sans doute à débattre du juste prix du carbone. Mais tous ceux qui pensent qu’il y a un sérieux problème global peuvent tomber d’accord sur le fait que le prix actuel – zéro – est trop bas et doit être corrigé au plus vite.

Notes

1| « Taxer et dépenser » : formule symbolisant, aux États-Unis, les méfaits d’une politique étatiste.
2| Allusion à un cas d’école de l’analyse économique, intitulé « la tragédie des communs ». Des individus qui suivent leur intérêt personnel peuvent tendre à épuiser une ressource commune [NdlR].
3| L’analyse de l’actualisation est développée plus longuement dans le chapitre 9
de mon livre. Ce chapitre est aussi disponible en ligne à l’adresse suivante : nordhaus.econ.yale.edu/Balance_prepub.pdf.

Bibliographie

Édouard Bard, L’Homme et le climat : une liaison dangereuse, Gallimard, coll. «Découvertes », 2005.
Catherine Gauthier et Jean-Louis Fellous, Eau, pétrole, climat : un monde en panne sèche, Odile Jacob 2008.
Sylvie Faucheux et Haitham Joumni, Économie et politique des changements climatiques, La Découverte, 2005
Jean Jouzel, Claude Lorius, Dominique Raynaud, Planète blanche. Les glaces, le climat et l’environnement, Odile Jacob 2008.
William F. Ruddiman, Earth’s Climate. Past and Future, W.H. Freeman, 2007.

Sources

The New York Review of Books

Le soutien de James Hansen

Barack Obama a annoncé son intention de faire de la lutte contre le réchauffement climatique une priorité. Peu avant sa prestation de serment, il a reçu une lettre du plus célèbre climatologue américain, James Hansen. Directeur d’un centre de recherches de la NASA, ce collègue de Freeman Dyson et de William Nordhaus à l’Académie des sciences juge « inefficaces » les politiques actuellement appliquées ou en discussion dans les pays riches (protocole de Kyoto, objectifs de réduction par quotas et permis négociés d’émettre du carbone). Ces stratégies, écrit-il, ont pour principal effet de favoriser des lobbies et de générer des enrichissements indus. Il estime qu’une politique cohérente doit reposer sur trois séries de mesures : l’élimination des centrales à charbon qui ne récupèrent pas le carbone, le financement de la recherche sur les réacteurs nucléaires de quatrième génération et la mise en place d’une taxe sur le carbone, destinée à croître avec le temps. Il ne cite pas Nordhaus, mais les arguments qu’il présente en faveur de cette taxe sont ceux de l’économiste.