La vie après Copenhague

Faute de consensus entre les 193 pays réunis depuis le 7 décembre à Copenhague, le document de quelque trois pages mis au point à l’arraché par les Etats-Unis, la Chine, et d’autres pays émergents dont l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud n’a pas formellement été entériné. La conférence des Nations Unies pour le climat en a simplement « pris note ».

L’Accord de Copenhague ne comprend pas d’engagement précis et chiffré en matière de réduction des émissions des gaz à effets de serre. La réduction d’au moins 50% d’ici 2020 qui figurait sur un des textes de travail élaboré le vendredi, n’a finalement pas été retenu dans le document final. De la même façon, le paragraphe sur la nécessité d’aboutir à un traité “légalement contraignant” d’ici la conférence climat de Mexico fin 2010, un temps envisagé, a disparu lui aussi du document final.planetepleure

Concernant le financement, les pays industrialisés se sont engagés à Copenhague à verser 10 milliards de dollars (6,9 milliards d’euros) par an en 2010, 2011 et 2012 aux pays pauvres pour faire face aux conséquences du changement climatique, comme les sécheresses et les inondations. A plus long terme, « l’objectif » est de porter cette aide à 100 milliards de dollars par an (69 milliards d’euros) à partir de 2010.

Quelles sont les leçons à dégager de l’épisode Copenhague ?

1/ La première leçon est optimiste, malgré tout. Le tintamarre médiatique autour du sommet a sans doute accru la conscience citoyenne écologique. De moins en moins de personnes peuvent douter que le problème du réchauffement climatique est grave, qu’il est mondial, et qu’il lui faut une solution mondiale. En France, le débat autour du pacte de Nicolas Hulot pendant la campagne présidentielle avait joué un rôle comparable.

2/ Il y a confirmation de nouveaux rapports de force à l’échelle de la planète. Les deux acteurs principaux, malgré la montée en ligne du Brésil et de l’Inde, ont été, dans des rôles différents, les Étas-Unis et la Chine. L’Europe, qui est pourtant moins en retard que d’autres, pèse assez peu, parce qu’elle ne parle pas d’une seule voix. L’Europe est toujours un nain politique.

Copenhague-1Comme l’a souligné  Christian Sautter, Barack Obama ne pouvait convaincre une opinion publique réticente et obtenir une majorité des deux tiers au Sénat que si la Chine prenait des engagements aussi contraignants que les USA.

Le Chine a commencé  par se cacher parmi les 77 pays les plus pauvres, puis s’est fortement exprimée contre un éventuel contrôle international, y voyant une insupportable atteinte à sa souveraineté et à son « droit à la croissance ».

3/ La méthode de négociation utilisée à Copenhague est inappropriée. Ce n’est pas seulement la faute de l’ONU. En l’absence d’une gouvernance mondiale démocratique, on en est réduit à des marchandages d’État à État, parfois de bloc à bloc. Mais ce n’est pas demain qu’émergera un gouvernement mondial démocratique et efficace.

Développement durable

Résultats d’un accord aux ambitions réduites et sans cadre contraignant mais qui concerne pour la première fois pays industrialisés, grands pollueurs et pays émergents…

Un accord de principe :

La communauté internationale s’est fixé un objectif : ne pas dépasser une hausse de la température globale de 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels. En revanche, l’objectif de diviser par deux les émissions mondiales de gaz à effet de serre en 2050 s’est envolé.
Cet accord, contraignant seulement par sa portée politique, est le premier texte international qui reconnaît formellement la nécessité, d’un point de vue scientifique, de contenir l’évolution de la température de la planète au-delà de 2°C. Le texte reconnaît également la nécessité pour les pays développés de montrer l’exemple dans la réduction des émissions, et pour les pays en voie de développement d’examiner simultanément les questions du développement humain, de l’éradication de la précarité et du dérèglement climatique.copenhague-2

Des réductions d’émissions renvoyées à 2010 :

Le texte de l’ONU ne prévoit pour l’instant aucun objectif chiffré de réduction d’émissions de CO2. Les Etats doivent cependant indiquer ce qu’il compte faire à l’horizon 2020 avant le 31 janvier 2010. Aujourd’hui, les calculs effectués par l’ONU en fonction des promesses d’abaissement existantes prévoient une hausse de la température moyenne de 3°C.
L’échec de Copenhague voit la mise en place d’un calendrier adapté sur 2010, qui nécessite une forte mobilisation des Etats :
- chaque partie fait part de ses objectifs 2020 de réduction d’émission de gaz à effet de serre avant le 1er février, en précisant le caractère contraignant ou non des émissions
- la Conférence de Bonn, en juin 2010, devra gérer les éventuels points durs et s’assurer que des chiffres réellement transparents et ambitieux ont été fournis, permettant globalement d’atteindre l’objectif de contenir le réchauffement climatique à 2°C,
- cela afin d’arriver à décembre 2010 à la 16ème Conférence des Parties à Mexico, qui devra impérativement faire adopter un texte juridiquement contraignant pour succéder au Protocole de Kyoto et engager juridiquement les nouveaux Etats rejoignant ce texte.

Pas d’organisation mondiale de l’environnement :

Pour contrôler les efforts des Etats, aucun cadre juridique n’est prévu. Un contrôle extérieur a notamment été vivement refusé par la Chine. Le texte garantit même le « respect de la souveraineté nationale ». Les engagements des pays industrialisés devront tout de même être « mesurables, notifiables et vérifiables », et ceux des pays émergents devront être communiqués tous les deux ans. L’Europe pourrait en outre créer sa propre organisation de l’environnement.

Une aide financière immédiate de 30 milliards de dollars :

Pour soutenir l’adaptation des pays pauvres aux impacts du réchauffement climatique, une aide immédiate de 30 milliards de dollars sur trois ans (2010-2012) sera allouée (priorité à l’Afrique et aux petites îles). Il a par ailleurs été estimé que 100 milliards de dollars seront nécessaires d’ici 2020. Un groupe de travail sera créé pour étudier cette question.
Copenhague-3L’accord valide le protocole REDD-plus pour la lutte contre la déforestation, ainsi que le principe d’un fond d’adaptation, d’un montant initial de 30 milliards de dollars sur les années 2010 à 2012, pour atteindre 100 milliards par an dès 2020. Enfin, il encourage les parties à rendre transparents les modes et chiffres de mesure des émissions, et en fait un préalable pour les mesures bénéficiant d’un soutien international.

Et maintenant ?
En attendant, il faut adopter une méthode et un calendrier précis et contraignant sur les étapes de négociation à franchir avant les prochains rendez-vous à Bonn et à Mexico, prévoyant des comptes-rendus réguliers pour informer et prendre à témoin l’opinion publique mondiale.

Une conférence aura lieu à Bonn en juin 2010 pour faire le point et préparer un autre rendez-vous sur le climat : le Sommet de Mexico, fin 2010. Un réexamen de l’accord de Copenhague interviendra en 2015 mais pour l’instant, le seul instrument légal de lutte contre le réchauffement reste le Protocole de Kyoto (ne concernant qu’un tiers des émissions mondiales)

Copenhague :Triste bilan

Après 12 jours de discussions intenses, le sommet de Copenhague sur le climat a accouché d’un accord non contraignant qui n’est pas signé par tous les pays, obtenu par des négociations de couloirs. Même si tout le monde ne tire pas la même analyse du résultat, la tendance est plutôt à la déception : pour certains, il s’agit avant tout d’un bilan décevant, d’un accord sans ambition… et sans contrainte. Pour d’autres la conférence s’est achevée dans le chaos et a accouché d’un texte insipide, pour le moment adopté simplement par une trentaine de chefs d’Etats et de gouvernements de pays développés et émergents, tandis que la conférence des Nations unies en a simplement pris note.
Le refus des Etats-Unis de s’engager réellement dans la lutte contre le changement climatique, l’inconsistance de l’Union européenne qui aurait pu être le moteur de ces négociations, le jeu de la Chine, de l’Inde et de l’Afrique du Sud qui a divisé le G77, le poids des grands lobbies industriels et des multinationales ont abouti à un échec que le pire scénario ne pouvait laisser imaginer.Copen1
Le principal échec de Copenhague est l’accord obtenu par les Etats-Unis et la Chine lors de discussions parallèles : un document non contraignant bien en deçà des volontés affichées. Son contenu est loin d’être à la hauteur des attentes que la conférence avait soulevées : s’il affirme la nécessité de limiter le réchauffement planétaire à 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, le texte ne comporte aucun engagement chiffré de réduction des émissions de gaz à effet de serre, se contentant de prôner la « coopération » pour atteindre un pic des émissions « aussi tôt que possible ». Au royaume de la langue de bois vert …
La fin de ce sommet aura été marquée et ternie par des négociations dans la confusion, tenues dans un cadre flou : une assemblée plénière s’est déroulée pendant la dernière nuit dans la pagaille, animée par un premier ministre danois dépassé, alors que les chefs d’Etat étaient déjà repartis. Après des heures d’invectives et de tensions, la convention a finalement « pris note » de l’accord. Ce qui ne l’entérine pas formellement, mais pourrait permettre son application. Certains pays, comme le Venezuela ou Cuba, ont annoncé leur intention de ne pas le signer.

La négociation de Copenhague a mis en lumière le rôle incontournable des deux pays les plus pollueurs de la planète : la Chine et les Etats Unis. Le « G2″ a fait la négociation, sans que les Européens ou les pays en développement aient vraiment leur mot à dire.

Copen2En France, comme partout ailleurs dans le monde, associations et partis écologistes sont unanimes : cet accord ne va pas assez loin. Certains, comme les Verts français, estiment qu’ils s’agit d’un « lamentable fiasco ».

Que dit réellement le texte final ? Cette déclaration politique a été le fruit de négociations à 26 mais menées essentiellement par les Etats-Unis, l’Inde, la Chine, le Brésil et l’Afrique du Sud. Elle ne comprend pas d’objectifs contraignants de réduction des émissions de gaz à effet de serre, renvoyés à 2010, et ne prévoit pas la création d’une instance internationale pour vérifier la mise en oeuvre des engagements de chaque pays.

  • Une hausse des températures globales limitée à 2 °C

Dans le document politique négocié, les dirigeants prévoient de limiter le réchauffement planétaire à 2 °C d’ici à 2050 par rapport aux niveaux pré-industriels, l’objectif affiché de la conférence sur le climat. S’il mentionne la nécessité de limiter le réchauffement climatique, ce  texte ne  fixe aucun objectif contraignant pour  les pays signataires. Chaque pays fera donc ce qu’il voudra.

  • Pas d’objectifs de réduction des émissions de CO2

L’accord ne fixe pas d’objectifs chiffrés de réduction d’émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050. Selon un calcul des Nations unies, l’addition des promesses faites à ce jour publiquement par les différents pays conduirait à une hausse de la température moyenne de la planète de 3 °C, bien au-delà de l’objectif souhaité des 2 °C.

  • Aide à l’adaptation des pays en développement

Les chefs d’Etat ont accepté de consacrer 100 milliards de dollars par an d’aide aux pays en développement à compter de 2020 et d’examiner pour ce faire des financements innovants. Les Etats-Unis se sont engagés à verser 3,6 milliards dCopen3e dollars d’aide aux pays les plus vulnérables d’ici 2012 pour les aider à s’adapter aux impacts du changement climatique.
Il est à craindre que les 30 milliards de dollars d’aide aux pays les plus pauvres face au changement climatique pour les trois prochaines années proviennent d’une reconversion de l’aide au développement déjà promise, comme cela a été annoncé par certains pays développés. Pire, le texte indique qu’il faut utiliser  les  opportunités  du marché,  donnant  ainsi  son  imprimatur  au  développement  de  la finance carbone qui a pourtant fait la preuve de son inefficacité en matière de réduction des émissions

  • Il n’y aura pas d’Organisation mondiale de l’environnement

L’accord ne prévoit pas la création d’une Organisation mondiale de l’environnement qui aurait pu vérifier la mise en œuvre des engagements de chacun, les contraignant légalement. Point de friction majeur, en raison notamment du rejet chinois de toute intervention extérieure, la partie du texte sur la vérification internationale du respect des engagements pris est la plus longue du projet d’accord. Elle précise que les économies émergentes doivent faire le bilan de leurs efforts et en rapporter aux Nations unies tous les deux ans.

  • Protection des forêts

Le texte « reconnaît l’importance de réduire les émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts, et la nécessité d’améliorer l’élimination de gaz à effet de serre par les forêts ». Il prévoit des mesures « incitatives » pour financer la protection des forêts avec des fonds des pays développés.

Copenhague: Capitale de la Planète

Dans 3 petits jours, à Copenhague se jouera l’avenir climatique de la planète. Copenhague, c’est l’après Kyoto; c’est le traité qui régentera la planète d’un point de vue climatique de 2013 à vignette2017. L’enjeu est crucial :La température moyenne sur la terre a augmenté de 0,6°C depuis la fin des années 1800 et on s’attend encore à une augmentation de 1,4 à 5,8°C d’ici à 2100. Cette montée des températures résulte de l’augmentation des quantités de gaz à effet de serre dans l’atmosphère depuis un siècle et demi liée aux activités humaines.

Du 7 au 18 décembre 2009, 192 pays tenteront de définir une vision partagée de la lutte contre le changement climatique et de fixer les objectifs à atteindre à l’horizon 2020 par les pays développés et à l’horizon 2050 par toute la communauté internationale.

Demain samedi 5 décembre, Greenpeace appelle à une Flash Mob (une mobilisation éclair en français !) à Paris et dans de nombreuses villes françaises; l’idée c’est de faire le maximum de bruit afin de faire pression sur Nicolas Sarkhozy.

nous-tuons-la-terreA 12h18, munissez vous d’un instrument de musique ou de tout autre objet capable de provoquer un son, habillez vous selon un dress code bien précis :total look orange ou noir ou blanc. Un ensemble musical sera formé où se répondront et s’animeront trois motifs musicaux, correspondant aux trois couleurs de l’Ultimatum Climatique : orange, noir et blanc (d’où les couleurs du dress code….!!!) Orchestré par des percussionnistes, chacun reproduira un son ou un battement, selon la couleur qu’il aura choisi. Le tout formera un rythme festif et cohérent. Plus il y aura de monde et plus le bruit pourra se faire entendre loin, très loin, jusqu’à l’Elysée dans un 1er temps puis jusqu’à Copenhague par ricochet !

Pour en savoir plus, cliquez ici

Concert Ultimatum Climatique le 22 novembre

Le dimanche 22 novembre 2009 , soit 3 semaines avant l’ouverture de la Conférence de Copenhague, l’Ultimatum Climatique et Greenpeace organisent le premier concert climatique au Zénith de Paris.3657945

Ce concert qui rassemblera Zazie, Tryo, Yannick Noah et Bernard Lavilliers est le prolongement de l’appel « Ultimatum Climatique » lancé par une dizaine d’ONG (Greenpeace, WWF, FNH, Réseau Action Climat, OXFAM, Action contre la faim, Secours Catholique, Médecins du Monde, Amis de la Terre, FIDH et CARE) dont l’objectif est de recueillir un million de signatures.

On ne négocie pas avec le climat, on agit !

Au mois de décembre de cette année se tiendra à Copenhague le Sommet de l’ONU sur le climat. Confrontés au péril climatique, les dirigeants du monde entier devront parvenir à surmonter leurs divergences d’intérêts de court terme pour se rassembler autour d’un projet politique mondial fondé sur un constat scientifique objectif et ainsi donner une suite au protocole de Kyoto.

Comme le rappelait le Secrétaire général des Nations Unies  l’an passé « Nous sommes au bord d’une catastrophe si nous n’agissons pas ».

Les places sont vendues à partir de 18 € ici