Définition et Objectifs

Développement durable

Par développement durable, on entend un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.
Tout part d’un constat : pour assurer notre développement économique au cours des derniers siècles, nous n’avons pas hésité à puiser – de manière parfois déraisonnable – dans des ressources naturelles que nous savions limitées. Que pouvons-nous faire aujourd’hui pour inverser la tendance ?

A ce jour, près de 20% des hommes utilisent 85% des ressources mondiale (toutes ressources confondues, principalement économiques).
Aussi, en suivant le même schéma, dans le cas où les pays en développement (les « Pays du Sud ») adoptaient le même développement, les ressources planétaire ne suffiraient pas. L’ensemble des ressources naturelles seraient épuisées, entrainant ainsi la destruction de notre environnement et, un conflit social entre les hommes (conflits d’intérêt, alimentaires, de vie, etc.).
Il est clair que cet avenir parait improbable dans notre société, mais réaliste à l’échelle de la Terre.
C’est pourquoi le concept du développement durable a été mis en place. Pour répondre à la question suivante : « Comment répondre aux besoins actuels sans limiter la capacité des générations futures à satisfaire leurs propres besoins ? »
Historiquement, le développement durable a vu le jour lors de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement de 1972, à Stockholm, en Suède. Les éléments suivants ont été abordés :
- l’interdépendance entre les êtres humains et l’environnement naturel,
- les liens entre le développement économique et social et la protection de l’environnement,
- la nécessité d’une vision mondiale et de principes communs.
Ensuite, en suivant ce premier élan, la Commission mondiale sur l’environnement et le développement (la Commission Brundtland) a rendu public, en 1987, un rapport demandant un développement qui permet de « répondre aux besoins du présent sans compromettre la possibilité pour les générations futures de satisfaire les leurs ». De plus, « … le développement durable n’est pas un état fixe de l’harmonie, mais plutôt un processus d’évolution durant laquelle l’exploitation des ressources, l’orientation des investissements, l’avancement du développement technologique et les transformations institutionnelles sont conformes à nos besoins aussi bien futurs que présents ».

Notion de développement durable « Le développement durable est le développement qui satisfait les besoins de lagénération actuelle sans priver les générations futures de la possibilité de satisfaire leurs propres besoins ».
Gro Harlem Brundtland a été présidente de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement, mandatée par l’Assemblée générale des Nations Unies, en 1983.
Son rapport : « Our Common Future » (Notre avenir à tous) publié en 1987 est l’un des documents fondateurs du développement durable et a servi de socle au premier sommet de la Terre à Rio en 1992.

Remarque : développement durable est la traduction de l’expression anglaise « sustainable developpement ».  L’adjectif « sustainable » est aussi traduit par soutenable, acceptable, raisonné afin de prendre en compte la dimension éthique et l’ inscription dans le temps de cette notion.
L’expression « développement durable » qualifie, pour chaque acteur concerné, un développement respectant simultanément l’efficacité économique, l’équité sociale et le respect de l’environnement. Parce que le développement ne peut être durable que s’il est à la fois économique, social et environnemental, il doit s’appuyer sur trois piliers :

* un pilier économique, qui vise des objectifs de croissance et d’efficacité économiques

 * un pilier social, qui vise à satisfaire les besoins humains et à répondre à des objectifs d’équité et de cohésion sociale. Il englobe notamment les questions de santé, de logement, de consommation, d’éducation, d’emploi, de culture*  un pilier environnemental, qui vise à préserver, améliorer et valoriser l’environnement et les ressources naturelles sur le long terme.

Pour cela, le concept de développement durable répond à trois principes :
 Principe de solidarité : solidarité entre les peuples et les générations. Le développement doit profiter à toutes les populations.
 Principe de précaution : se donner la possibilité de revenir sur des actions lorsque leurs conséquences sont aléatoires ou imprévisibles
 Principe de participation : associer la population aux prises de décision.
Source

Les aspects essentiels du développement durable, sur les capacités de la planète et les inégalités d’accès aux ressources posent des questions philosophiques.

Hans Jonas avança l’idée selon laquelle le fait que le modèle économique de l’Occident pourrait ne pas être viable sur le long terme s’il ne devenait pas plus respectueux de l’environnement. En effet Jonas posa l’idée d’un devoir vis-à-vis des êtres à venir, des vies potentielles et « vulnérables » que nous menaçons et donne à l’homme une responsabilité. Depuis, l’un des thèmes de la philosophie qui interpelle le plus nos contemporains est celui de la philosophie de la nature, qui interroge sur la place de l’homme dans la nature. Ainsi, en 1987, Michel Serres décrit l’homme comme signataire d’un contrat avec la nature, reconnaissant les devoirs de l’humanité envers la nature.

Jean Bastaire voit l’origine de la crise écologique chez Descartes selon qui l’homme devait se « rendre maître et possesseur de la nature ». Au contraire, la géographe Sylvie Brunel critique le développement durable car elle y voit une conception de l’homme comme un parasite, et la nature comme un idéal. Or, pour elle, l’homme est souvent celui qui protège la bio-diversité, là où la nature est le règne de la loi du plus fort, dans lequel « tout milieu naturel livré à lui-même est colonisé par des espèces invasives ».

Sans en aborder tous les aspects philosophiques, le développement durable comporte également des enjeux très importants en matière d’éthique des affaires. André Comte-Sponville entre autres aborde les questions d’éthique dans Le capitalisme est-il moral ?. Paul Ricœur et Emmanuel Lévinas le firent aussi sous l’angle de l’altérité et Patrick Viveret et Jean-Baptiste de Foucauld sur celui de la justice sociale.

Le philosophe français Michel Foucault aborde ces questions sur le plan épistémologique. Il parle de changements de conception du monde, qui se produisent à différentes époques de l’Histoire. Il appelle ces conceptions du monde, avec les représentations qui les accompagnent, des épistémès. On pourrait sans doute affirmer que le développement durable, et son corollaire la mondialisation, correspondent au concept d’épistémè, qui, appliqué à notre époque, est appelé hypermodernité par Michel Foucault. Cliquez ici pour une information complète sur les conditions du développement durable.

L’objectif du développement durable est de définir des schémas viables et conciliant les trois aspects économique, social, et environnemental des activités humaines ; « trois piliers » à prendre en compte, par les collectivités comme par les entreprises et les individus. À ces trois piliers s’ajoute un enjeu transversal, indispensable à la définition et la mise en œuvre de politiques et d’actions relatives au développement durable : la gouvernance. La gouvernance consiste en la participation de tous les acteurs (citoyens, entreprises, associations, élus…) au processus de décision et est de ce fait une forme de démocratie participative. Le développement durable n’est pas un état statique d’harmonie mais un processus de transformation dans lequel l’exploitation des ressources, le choix des investissements, l’orientation des changements technologiques et institutionnels sont rendus cohérents avec l’avenir comme avec les besoins du présent.
Les politiques mises en oeuvre à partir de ce concept de développement durable sont demeurées très en deçà des enjeux.
Michel Hors rappelle dans l’article qui suit ce qu’implique concrètement pour les pays du Nord et du Sud le souci d’un développement respectueux du futur et il s’attache à illustrer les conditions de ce développement dans sa triple dimension environnementale, économique et sociétale. Cliquez ici pour visualiser l’article.

Dans un autre article Laurance Tubiana considère que le développement durable devient un nouvel enjeu de la coordination internationale. Cliquez ici pour visualiser l’article.

On peut considérer que les objectifs se partagent entre trois grandes catégories :

      • Ceux qui sont à traiter à l’échelle de la planète : rapports entre nations, individus, générations ;
      • Ceux qui relèvent des autorités publiques dans chaque grande zone économique (Union européenne, Amérique latine, Asie…), à travers les réseaux territoriaux par exemple ;
      • Ceux qui relèvent de la responsabilité des entreprises.

Des solutions existent : l’une des plus souvent citées est la taxe carbone qui fournirait tous les signaux et incitations nécessaires aux particuliers, aux entreprises, aux États et aux innovateurs. Cliquez ici pour plus d’information.

Elle fait débat dans la façon de l’appliquer au point qu’économiste et scientifique en arrivent à s’opposer sur ce point crucial, Cliquez ici pour plus d’information.
avec toutefois un point d’accord : la nécessité impérieuse d’agir vite : Cliquez ici pour une définition plus complète.

Créatrices de grandes richesses, fortement consommatrices de ressources, et puissantes au plan international, les entreprises ont une capacité d’intervention qui peut se révéler particulièrement efficace en faveur du développement durable :

  • Elles participent directement au développement économique par leurs investissements
  • À travers les conditions de travail qu’elles proposent à leurs salariés, elles participent à créer ou réduire des inégalités sociales
  • Consommatrices de ressources naturelles, productrices de déchets et génératrices de pollutions, leurs activités modifient plus ou moins profondément l’environnement.

Pour le respect d’objectifs de développement durable par les entreprises, spécifiquement on parle de responsabilité sociale des entreprises (corporate social responsability) ou parfois plus précisément responsabilité sociétale des entreprises puisque le volet de responsabilité ne correspond pas uniquement au volet « social ».

La responsabilité sociale des entreprises est un concept par lequel les entreprises intègrent les préoccupations sociales, environnementales, voire de bonne gouvernance dans leurs activités et dans leur interaction avec leurs parties prenantes sur une base volontaire. Il y a en effet, jusqu’à présent, peu d’obligations législatives, de contraintes ou de pénalités : à citer cependant en France, une loi relative aux nouvelles régulations économiques qui oblige les entreprises cotées en bourse à inclure dans leur rapport annuel une série d’informations relatives aux conséquences sociales et environnementales de leurs activités.

Au cours de ces dix dernières années, bon nombre d’entreprises se sont dotées de Directionsdu développement durable. Elles ont engagé des politiques souvent ambitieuses pour faire évoluer les comportements internes et incarner de manière tangible leurs responsabilités sociale et environnementale.
Des actions sont envisageables, des actions sont possibles pour un dévellopement durable. Cliquez ici pour une information complète.