Histoire

Histoire

Le développement durable (ou développement soutenable, anglicisme tiré de Sustainable development) est une nouvelle conception de l’intérêt public, c’est un mode de développement appliqué à la croissance et reconsidéré à l’échelle mondiale afin de prendre en compte les aspects écologiques et culturels généraux de la planète.
L’origine vient sans doute de l’économie politique classique (Malthus, J B Say), qui posait la question de la limite naturelle de la croissance économique. Malthus (1798: Essai sur le principe des populations) s’interroge sur la «soutenabilité» de l’environnement au regard du renouvellement des espèces.

L’émergence du concept de développement durable a été longue ; s’appuyant sur de nombreuses conventions internationales, l’idée d’un développement pouvant à la fois réduire les inégalités sociales et réduire la pression sur l’environnement a fait son chemin. Nous pouvons en retracer quelques jalons majeurs :

  • 1968 : création du Club de Rome regroupant quelques personnalités occupant des postes relativement importants dans leurs pays respectifs et souhaitant que la recherche s’empare du problème de l’évolution du monde pris dans sa globalité pour tenter de cerner les limites de la croissance.
  • 1972 : le Club de Rome publie le rapport The limits to growth (traduit en français par Halte à la croissance ? ou Les limites de la croissance), rédigé à sa demande par une équipe de chercheurs du Massachusetts Institute of Technology. Créé à l’initiative de l’industriel italien Aurelio Peccei, le Club de Rome est un regroupement d’économistes, de scientifiques et de décideurs publics et privés. Association de droit helvétique, il s’est donné pour but l’étude de l’activité de l’humanité envisagée comme un système global à l’échelon mondial pour résoudre les problèmes nationaux. Sa première rencontre eut lieu à Rome en 1968. La Conférence mondiale des Nations Unies sur l’environnement à Stockholm fait émerger la notion d’ »écodéveloppement » Ce premier rapport donne les résultats de simulations informatiques sur l’évolution de la population humaine en fonction de l’exploitation des ressources naturelles, avec des projections jusqu’en 2100. Il en ressort que la poursuite de la croissance économique entraînera au cours du XXIe siècle une chute brutale des populations à cause de la pollution, de l’appauvrissement des sols cultivables et de la raréfaction des ressources énergétiques. Le modèle n’est cependant pas encore à ce stade sectorisé par régions comme il le sera ensuite. Suite à ce rapport, de nombreux travaux montrant les limites du système économique de l’époque sont publiés : citons entre autres Nicholas Georgescu-Roegen et sa comparaison entre système économique et thermodynamique, ou encore l’économiste américain Schumacher qui prône des solutions plus locales et moins technologiques et technocratiques dans son livre « Small is beautiful ».
  • 1973 (5 au 16 juin) : une conférence des Nations unies sur l’environnement humain à Stockholm expose notamment l’écodéveloppement, les interactions entre écologie et économie, le développement des pays du Sud et du Nord. C’est le premier Sommet de la Terre. C’est un échec relatif, avec aucun compromis clair, mais la problématique semble dès lors posée : l’environnement apparaît dès lors comme un patrimoine mondial essentiel à transmettre aux générations futures.

  • 1980 : L’Union internationale pour la conservation de la nature publie un rapport intitulé La stratégie mondiale pour la conservation où apparaît pour la première fois la notion de « développement durable », traduite de l’anglais « sustainable development ». Fondée en 1948 à Fontainebleau, l’Union mondiale pour la nature rassemble des Etats, des organismes publics et un large éventail d’organisations non gouvernementales au sein d’une alliance mondiale unique (plus 800 membres dans 125 pays). C’est l’une des rares organisations internationales ouvertes aussi bien aux
    gouvernements qu’aux ONG
  • 1987 : Une définition du développement durable est proposée par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement (Rapport Brundtland). Le protocole de Montréal relatif aux substances qui appauvrissent la couche d’ozone est signé le 16 septembre, signe qu’un engagement collectif est possible.
    Une partie de ce document fondateur est accessible en langue française sur Agora 21.
  • 1992 (3 au 14 juin) : Deuxième Sommet de la Terre, à Rio de Janeiro en 1992. Consécration du terme « développement durable« , le concept commence à être largement médiatisé devant le grand public. Adoption de la convention de Rio et naissance de l’Agenda 21.
    La définition Brundtland, axée prioritairement sur la préservation de l’environnement et la consommation prudente des ressources naturelles non renouvelables, sera modifiée par la définition des « trois piliers » qui doivent être conciliés dans une perspective de développement durable : le progrès économique, la justice sociale, et la préservation de l’environnement.
    Le plan mondial « Action 21″ est adopté, il est destiné à être décliné localement en « Agendas 21″, des programmes traduisant dans le temps et les faits les principes et visées du développement durable. « Action 21″ doit aborder les problèmes urgents d’aujourd’hui et chercher à préparer le monde aux tâches qui l’attendent au siècle prochain (d’où le nombre 21). Les 27 principes de la Déclaration de Rio (en version PDF à télécharger) ou bien ici.
    Création de la Commission mondiale du développement durable (CDD) en décembre 1992. Elle doit assurer un suivi efficace de la Conférence de Nations Unies sur l’environnement et le développement (UNCED), contrôler et faire le suivi de la mise en oeuvre des accords du Sommet de la Terre tant au niveau local, national, régional qu’international.
  • 1997 (1er au 12 décembre) : 3e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, à Kyōto, au cours duquel sera établi le protocole éponyme.
    La conférence de Kyoto élabore un protocole autour du changement climatique Les pays développés se donnent comme objectif une réduction de 5,2% des émissions de gaz à effet de serre en 2008-2012 (par rapport au niveau de 1990).
  • 1999 Le Traité d’Amsterdam (mai 99) renforce l’importance de la politique de l’environnement dans l’Union européenne par la prise en compte du principe de développement durable
  • 2002 (26 août au 4 septembre) : Sommet de Johannesburg : En septembre, plus de cent chefs d’État, plusieurs dizaines de milliers de représentants gouvernementaux et d’ONG ratifient un traité prenant position sur la conservation des ressources naturelles et de la biodiversité. Quelques grandes entreprises françaises sont présentes.
    Pour plus d’information il existent de dossiers thématiques qui éclairent la préparation du sommet par le gouvernement français sur le site du Ministère de l’écologie et du développement durable ainsi que sur le site du sommet : Agora 21, IEPF, Institut de l’Energie et de l’Environnement de la Francophonie, Ministère français de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, Ministère français des Affaires étrangères. Sommet Mondial sur le Développement Durable. Johannesburg 26/08-04/09 2002
  • 2005 : Entrée en vigueur du protocole de Kyōto sur la réduction des émissions des gaz à effet de serre.

Et Demain ?
Les futures générations, tout comme nous, ont droit à un environnement intact et à l’utilisation des ressources naturelles pour une qualité de vie et une existence normale.
Toutefois, ne résumons pas le développement durable à « protection de l’environnement ». En effet, il inclue les deux autres axes (économie et social) avec le développement économique ou encore la protection des bases naturelles de la vie. C’est la solidarité qui mènera à bien ce développement, sachant que l’action que nous effectuons aujourd’hui compte pour nos enfants et ceux des autres.
Le développement durable appelle:
- un changement de comportement de chacun,
- une plus grande solidarité entre les générations et entre les peuples,
- une gestion équitable de la planète et de ses ressources naturelles.
Pour télécharger le rapport Brundtland