Le consommateur équitable

Le consommateur

Selon un sondage Ipsos réalisé fin avril pour la Plateforme pour le commerce équitable (organisme réunissant la plupart des acteurs du secteur), 46 % des Français disent ne pas acheter ces produits, faute de les repérer en magasin

Difficile de ranger le consommateur équitable dans une seule case. Son acte n’est jamais impulsif mais ses mobiles d’action sont multiples. Toute tentative de catégorisation semble se heurter à des frontières bien poreuses. Fin stratège ou schizophrène, le consommateur responsable ?

Le consommateur français vis-à-vis du commerce équitable :
Les années 80 ont marqué un vrai tournant. Les consommateurs sont devenus de plus en plus sensibles aux problèmes de l’environnement et aux conditions de production dans les pays en développement.
L’absence de principes éthiques dans le commerce international (exploitation des enfants, des prisonniers, non-protection syndicale) est devenu inacceptable pour la très grande majorité des citoyens. Le commerce équitable leur a donné les moyens de devenir des consommateurs conscients et responsables
Portrait de ce consommateur :
Les différents sondages réalisés à la demande des acteurs du commerce équitables ont permis de dessiner peu à peu le portrait du consommateur de produits issus du commerce équitables
En Avril 2008, une étude Ipsos réalisée pour le compte de la PFCE (Plateforme pour le Commerce Equitable) du MAEE (Ministère des Affaires Etrangères) et du GRET, (Association de solidarité et de coopération internationale) nous éclaire davantage sur ce consommateur :

Le « commerce équitable » est désormais associé à la notion de qualité des produits par une majorité des Français
Les termes « commerce équitable » sont aujourd’hui connus par plus de 8 Français sur 10 (82%), qui l’associent globalement à une bonne qualité des produits (58% des Français connaissant le commerce équitable), ainsi qu’au respect des petits producteurs des pays émergents (54%). Acheter « commerce équitable » suggère donc, d’une part, l’achat de produits de meilleure qualité, d’autre part, un acte citoyen, socialement utile pour une majorité de Français.
Une consommation qui varie principalement en fonction du revenu et du niveau d’éducation.

36% des Français déclarent avoir acheté des produits « commerce équitable » au cours du mois écoulé, pour un budget globalement compris entre 5 et 20€ mensuels. Toutefois, la consommation de ce type de produits dépend grandement de deux facteurs : le niveau d’éducation et le niveau de revenu. 61% des bac+3 et 58% des revenus supérieurs connaissant l’expression achètent régulièrement des produits provenant du « commerce équitable » (VS 36% de l’ensemble des Français).

En termes de produits, ce sont le café (81%), le riz/les céréales (48%) et le thé (34%) qui constituent le gros des achats des Français.

Les achats de produits « commerce équitable » s’effectuent à une écrasante majorité dans les grandes et moyennes surface (93%). A l’inverse, la démarche d’acheter ces produits dans un magasin spécialisé demeure minoritaire, à cause notamment d’un manque d’accessibilité et d’information à propos de l’emplacement de ce type de magasins.
Un achat « éthique »
Les Français se sentent plutôt proches des valeurs véhiculées par le « commerce équitable » (66%), fondées sur l’idée de justice sociale et économique à l’égard des petits producteurs des pays émergents. Ils jugent globalement que les produits y sont naturels et d’une qualité supérieure aux produits habituels, tout en leur donnant le sentiment de réaliser des achats plus justes, plus moraux.
Les freins à la consommation des produits issus du commerce équitable.

Les produits issus du « commerce équitable » souffrent cependant d’un manque d’exposition et d’accessibilité dans les grandes surfaces, 46% des Français ne les achetant pas dans la mesure où ils ne trouvent pas ou ne repèrent pas ces produits en magasin.
De plus, pour 28% des Français n’achetant pas « commerce équitable », ces produits sont trop chers par rapport à la concurrence pour être véritablement attractifs. Ce pourcentage est de 41% pour les catégories de population aux revenus les plus modestes.
Enfin, 57% des Français ayant entendu parler du commerce équitable jugent qu’ils disposent de trop peu d’informations sur le fonctionnement réel du commerce équitable, que ce soit au niveau de la production des produits, des revenus effectivement versés aux producteurs locaux ou de la traçabilité.
On le voit clairement ici :si Les Français deviennent des « Consomm’acteurs » il reste encore un long chemin à parcourir pour les opérateurs, associations et entreprises, pour faire connaître leurs démarches et leurs produits au plus grand nombre.

Ce que nous venons de présenter concerne surtout le consommateur individuel : qu’en est il des collectivités locales en tant que consommateur et acteur pouvant intervenir dans le développement durable ?
Les collectivités locales peuvent désormais plus facilement introduire des clauses sociales et environnementales dans les marchés publics. Mais seulement 1,5 % d’entre elles sont passées à l’acte.
Qu’en est-il, en effet, des démarches environnementales des communes, départements, régions, etc. sur leurs appels d’offres concernant les bâtiments, les travaux publics, les transports, l’énergie, les cantines scolaires, l’entretien des espaces verts, etc. ? Et qu’elle est leur attitude vis-à-vis des produits à «  forts risques sociaux  », comme les vêtements ou les jouets, très majoritairement fabriqués en Asie du Sud-Est ? Il n’existe pas de chiffres officiels permettant d’évaluer le nombre total de collectivités locales françaises engagées dans des démarches d’achats responsables sur ces marchés. Lire la suite de l’article.

La consommation citoyenne n’est pas seulement une affaire individuelle. Les collectivités locales ont aussi un rôle à jouer.
Savez-vous que le bois utilisé pour construire les bancs publics provient très souvent des forêts tropicales dont les essences sont menacées ? «  La majorité des élus locaux l’ignoraient eux-mêmes avant la campagne « Bâtir sans détruire : les collectivités locales protègent les forêts tropicales »  », remarque Frédéric Castel, chargé de mission forêt pour les Amis de la terre. Depuis que Les Amis de la Terre et Greenpeace ont lancé cette action de sensibilisation en l’an 2000, au moins quarante villes, trois conseils généraux et six conseils régionaux ont répondu en adoptant une résolution, s’engageant notamment à privilégier les bois labellisés provenant de forêts gérées de manière durable. Ces collectivités entament ainsi une démarche de consommation citoyenne, un concept basé sur l’idée que chacun, en choisissant tel produit plutôt que tel autre, peut promouvoir des modes de production respectueux des normes sociales et environnementales. Lire la suite de l’article.

Et l’entreprise face à ce consommateur citoyen ?
La recrudescence des crises sanitaires au cours de la dernière décennie a conduit à l’avènement du consommateur-citoyen, soucieux de la qualité et de l’éthique attachée aux produits qu’il achète. Le comportement «  citoyen  » n’est cependant pas exempt de paradoxes. Ainsi, les produits «  éthiques  » ne représentent toujours qu’une infime part de la consommation. Il est vrai que la définition du produit éthique reste très subjective. Tant dans ce domaine que dans celui de la protection face aux risques perçus, l’évolution du comportement des consommateurs appelle une nouvelle logique de production. Lire la suite de l’article.